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JIMMY PAGE:

Q : Quels souvenirs et émotions restent marquants pour vous, de cette soirée du 10 décembre ?


JP : Tout d'abord, je pense que ce que nous avions projeté de faire, nous l'avons réussi. A en juger par le retour (que j'ai pu avoir), ça a réellement touché beaucoup de gens. Ce fut un show complètement différent de la répétition de production réalisée au préalable, mais cela était intentionnel. Nous voulions nous réserver la possibilité de changer une chose ou l'autre, musicalement, à l'intérieur du cadre des morceaux.
Donc, oui, réflexion faite, ce fut mission accomplie.

Q : Vous êtes arrivé sur scène à l'O2 avec des lunettes de soleil. Que pouviez vous lire sur les visages des premiers rangs ?

JP : Je n'étais pas concentré sur le public. C'était tête baissée pendant les trois premiers morceaux, que nous avons joués en medley, sans s'arrêter, et quand j'ai enlevé mes lunettes, je ne voyais pas le public, non plus. J'étais juste absorbé par la musique. On s'était entraînés pour ce concert, nous y avions donné notre implication totale, et rien n'allait nous en divertir, pas même des doigt cassés, oubliez, rien n'allait se mettre en travers de notre route.

Q : Quelles furent les performances les plus marquantes de la soirée ?


JP : Si j'en juge d'après le retour que j'ai pu avoir, tout s'est construit à partir de "Kashmir". Tous ceux qui ont donné leur avis à ce sujet, que ce soit le public ou d'autres musiciens, disent que "Kashmir" était complètement d'un autre monde. Mais avec Led Zeppelin, cette musique sera probablement transmise à travers l'empreinte ADN de mes enfants. C'est tellement une part de moi même. Je rentre dans une sorte de ... Par exemple, pendant les répétitions, nous avons joué le morceau "The Rover". Maintenant, nous n'avions pas joué "The Rover" auparavant, pas dans une version complète ....

Q : J'ai toujours pensé que "The Rover" était l'illustration parfaite du Zeppelin sous son visage le plus sûr de lui même.


JP : Cette espèce d'esbrouffe ? Ce morceau porte vraiment un esprit de "crânerie" qui est voulu.



Q : Est-ce qu'il y aura un CD et un DVD tirés de l'O2 ?

JP : Ca a été enregistré, mais nous ne sommes pas partis avec le but avoué de faire un DVD qui sorte à Noël, ou quoi que ce soit d'autre. Nous n'avons pas encore vu les images ou étudié les enregistrements multipistes. C'et possible que cela sorte dans un temps lointain, mais cela nécessitera un travail massif pour mener à bien la tâche.

Q : Nous apprenons par les journaux du dimanche que Robert a refusé une offre d'une tournée mondiale avec Zeppelin. Quelle est la situation ? Une tournée serait-elle possible ?


JP : Notre attention était centrée sur le concert à l'O2. C'est pour réaliser cela que je m'étais investi. En ce qui concerne Robert, il avait un projet parallèle (avec Alison Krauss) et celui-ci a rencontré le succès, ce qui je suppose signifie qu'il n'a pas de temps pour Zeppelin en ce moment. Ce que je sais (de manière certaine) c'est que les répétitions et le concert de l'O2 étaient vraiment source d'inspiration. D'accord ? C'est tout ce que je dirai.

Q : OK, mais est-ce que Led Zeppelin ....

JP : C'est tout ce que je peux vous dire en guise de réponse.

Q : Vous ne pouvez aller plus loin que celà ?


JP : Je ne sais pas ce que John Paul Jones a déclaré, et je ne sais pas ce que Robert Plant a dit, mais je sais ce que j'ai ressenti à ce sujet, et ...


Q : Mais c'est tout comme vous, vous même, êtes ouvert à l'idée d'une tournée Zeppelin et possiblement d'un album ? Je ne veux pas vous faire dire ce que vous ne voulez pas ...


JP : Et bien ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Je sais comment ...Regardez, j'ai commencé ce sujet en disant qu'il y avait une volonté de réussir, si vous voulez, qui présidait lors de ces répétitions initiales. Et tout le monde était si impliqué là dedans. Maintenant, si vous parlez d'une tournée, d'autres dates, peut être d'enregistrer ensemble, il y a une chose qui doit constituer un dénominateur commun. Et c'est l'engagement. C'est comme cela qu'on a fait l'O2.

Q : Est-ce que jouer avec Robert à l'O2 fut une expérience très différente des tournées Page et Plant des années 1990 ?

JP : Bien sûr que c'était différent, parce que c'était meilleur. Sans manquer d'égards vis à vis des musiciens qui jouèrent dans le cadre Page/Plant, cela doit être plus satisfaisant de jouer la musique avec les membres-clé, ceux qui l'ont écrite. Donc c'est Robert, c'est moi, et c'est John Paul Jones.


Q : Robert tourne maintenant avec Alison Krauss. Est-ce que cela vous exaspère ? Est-ce que vous n'avez pas envie de lui dire : "Mais Robert, c'est de LED ZEPPELIN dont nous parlons !"

JP : Non, car il a pris de nombreuses orientations et que ça, c'est ce qu'il ressent comme nécessaire à lui même. Non, il peut faire ce qu'il veut. On est tous des hommes mûrs, grâce au ciel.
Mais je sais ce qui est source d'inspiration, et ce qui constitue vraiment un défi, et cela, c'est le type de direction que j'ai le projet de prendre personnellement.

FIN
(merci encore à jean-Paul pour la traduction!)

© Véronique Valentino P3/