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Chapitre 5 "Mon aventure à Tunis" Page 5/8


Robert...

J’entre à sa suite et me dirige vers mon sac, la loge me semble pleine de monde, mais je ne vois personne car en face de moi à l’autre bout de la pièce, Robert s’apprête à repasser sa chemise…

Je suis foudroyée par la conscience aigue d’être totalement déplacée, bête et insignifiante: que dire? que faire? me taire, c’est plus prudent! Il regarde dans ma direction, pas du tout étonné, et me fait un de ses sourire en coin que nous connaissons toutes… Les cerbères qui protègent l’accès à ce monde du sacré s’agitent, mais Robert se dirige vers moi en me tendant sa main… Olivier leur explique précipitamment la présence en ces lieux de l’indigne profane:
"Elle a gagné le concours pour venir à Tunis!"
"Quel est exactement l’objet de ce concours?" demande Robert.
"To see you!" dis-je en cœur avec Olivier.
"Sacrebleu!" s’écrit-il en Français, en écartant les bras dans un éclat de rire…
Je le regarde béatement… Il est vieux et moche, grand et mince, tout en noir dans un genre de survêtement ajusté à sa ligne, et je ne peux m’empêcher d’admirer sa chevelure superbe… les cheveux de Robert Plant…
 
Tout le monde parle, moi je ne comprends rien.
Je ne sais plus ou me mettre ni que faire…

J’aperçois Justin qui fait mine de sortir, je m’ éclipse avec lui, soulagée mais encore toute émue de ces quelques secondes, et pleine de sentiments contradictoires qui vont de la honte de n’avoir pas été à la hauteur, bien sûr,  jusqu'à la puérile félicité de m’être réchauffée quelques instants à son charme irradiant… absolut fan...

Je retrouve Justin dans la cour des loges et lui montre mes photos; il passe les doigts sur la matière de la peinture… je lui tends un feutre pour qu’il me signe la sienne mais il paraît hésitant:
"Une signature comment? en bas, ici ?", cet homme est trop modeste…
"Oui tu me fais une grande signature, là!"
Il s’exécute gentiment et me dit qu’il doit retourner dans la loge pour se préparer, et pour…
"Repasser ta chemise!" m’écriais-je… Il acquiesce en souriant d’un air plutôt dubitatif et repart vers la loge… mais pourquoi donc suis-je obsédée par cette histoire de chemise?

Olivier me rejoint, le concert va commencer, il me faut quitter les lieux à présent réservé aux officiants et à leur cercle.
Je vais dans le public avec la ferme intention d’accéder aux premiers rangs malgré la foule d’adolescents qui se compacte devant la scène…
Mais c’est impossible, je n’ai jamais ressenti une telle tension dans l’attente, et je n’ose pas jouer des coudes.
Cette fois le théâtre est bien rempli, les jeunes dans la fosse et les adultes sur les gradins… Cette fois le théâtre est bien rempli, les jeunes dans la fosse et les adultes sur les gradins…

Hystérie collective...

Les musiciens arrivent, Robert à leur suite, l’hystérie est totale !
Et ça commence très fort à mon goût avec "Win my train far home", une de mes préférées.
Robert semble en super forme, cette fois encore habillé comme un sac: c’était bien la peine de la repasser, cette chemise informe! Il parle entre les morceaux, débonnaire et souriant, avec quelques mots en langue locale, ce qui électrise encore plus tout le monde…
Justin fait plaisir à voir, très à l’aise sur scène, il danse, les bras comme les ailes d’un oiseau… Entre le concert de Berlin en avril 2005 pendant lequel il restait plutôt en retrait et maintenant, il semble avoir gagner une confiance qui lui permet de se "lâcher" un peu plus sur scène.
L’intro de "Gallows" me donne des frissons, c’est exactement ce que je rêve d’entendre: juste la guitare de Justin en volutes orientales et la voix de Robert mi-blues mi-gospel…
Pendant tout le concert, j’essaie de faire des photos, mais toutes sont floues tant je ne peux échapper à la houle violente de la foule et les hurlements frénétiques, c’en est épuisant!


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