Backstage, les problèmes…
Toujours aucune nouvelle du management de Plant, on attend…
Marc se balade en prenant des
photos. Dominique en faisant quelques petites interviews de
spectateurs. Cela fait une semaine qu’il est à Tunis
à tourner des images qu’il pourra exploiter en
documentaire sur plusieurs thèmes croisés, mais ce qui "rentabiliserait" sa semaine serait l’interview de
Plant, avec une séquence sur Ali Farka Touré disparu
récemment, que Robert appréciait et avait
rencontré au "festival au Désert" 2003. La BBC, en plus,
l’a "pré-commandée".
Moi je reste avec
Olivier… nous nous baladons dans l’enceinte du site, avec
en fond sonore des concerts assourdissants et les hurlements des jeunes
gens qui peu à peu remplissent le théâtre…
Je lui pose plein de questions,
par exemple: comment est-il devenu attaché de presse? On a du
temps, et il me raconte dans les détails: du jeune
passionné de musique Rock qui commence par travailler chez des
disquaires, puis qui, de concerts en rencontres, arrive à
créer sa boîte de production. Quand il finit par en
être trop de sa poche financièrement, il rebondit sur une
proposition de devenir "attaché de presse" de
différents groupes ou personnalités, jusqu’à
Plant l’année dernière.
Nous rencontrons Hichem,
l’organisateur. Inviter Robert Plant à Tunis pour un
concert, c’était son rêve! Mais il nous raconte
comment c’est presque devenu un cauchemar à cause des
exigences et du harcèlement de son management, qui envoyait 10
mails par jour jusqu’à son arrivée! Il nous cite
l’exemple entre autres de la batterie: ne pouvant être
transportée à Tunis, il a fallut trouver
l’équivalent sur place, or le diamètre de la grosse
caisse du batteur , Clive Deamer, est de 26 : diamètre
introuvable en Tunisie! Olivier le rassure: tout va bien se passer,
c’est toujours comme ça avant un concert d’une
personnalité de cette envergure, énormément de
stress et de problèmes dont on est finalement
récompensé par la qualité de la performance et
l’enthousiasme du public!
Hichem espère que les "adultes" vont arriver en fin de soirée pour le
concert des "Strange Sensation"; d’ailleurs cela faisait partie des
doléances du management car ils craignaient que le groupe ne
soit pas suffisamment bien accueilli par cette foule de petits jeunes
après 5 concerts de métal…
Étonnant cette crainte, après tout Robert est leur père à tous !
Hichem repart, il doit encore
s’occuper de plein de détails, comme de s’assurer
qu’il y aura un plat des meilleures pâtisseries orientales
dans la loge de Plant à son arrivée…
Nous reprenons notre
balade, la lumière baisse, il commence à faire
froid… Puis Olivier reçoit enfin des nouvelles, comme une
sanction: le groupe arrivera peu de temps avant le concert, pas
question de filmer, ni de faire des photos. Olivier va devoir encore
entrer en négociation…
Nous revenons dans les loges,
pour saluer "Adagio", un groupe qu’Olivier a "sorti" en les
produisant le premier tant il croit à son guitariste.
Je vais me réchauffer un peu dans leur loge, les musiciens
préparent leurs instruments, le chanteur revêt son costume
de scène. Ils me semblent tous si calmes, si appliqués,
pourtant je ressens les vibrations de leur fébrilité!
La foule est de
plus en plus dense, Hichem ne sera pas déçu quant
à la fréquentation de ce soir, mais pour ce qui est des
"adultes", je n’en vois toujours pas…
Le groupe arrive sur
scène sous les acclamations, leur musique est connue du public
qui reprend en cœur les paroles, ce qui est étonnant car
Adagio n’a jamais vendu un seul CD en Tunisie! Ici, tout se fait
par téléchargement…
Je reste en coulisses,
c’est émouvant d’être derrière la
scène, de voir la foule comme la voient les artistes: une masse
sombre gesticulante, plutôt terrifiante…
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