J’ai écris une
phrase dans la chanson "De Tombouctou à Essakane" : "La sagesse et l’erreur habitent dans la même
tente". Voilà, c’est la philosophie que j’ai
tiré de ce voyage.
Quand on est revenu, on a
continué notre histoire… on a fait un disque qui
s’appelle "L’une des siens"… Mais une
chose très importante c’est que le groupe Tinariwen
c’est révélé grâce à cette
histoire, ils ont commencé à tourner partout en Europe, un
peu sur nos traces avec nos partenaires, aux US avec Harmonia Mundi, et
les grands festivals internationaux. Puis ils ont sorti un 2ème
disque.
V.V. : Lors du 3ème festival, tu a côtoyé Robert Plant ?
D.P. : Oui, pas beaucoup… je respectais sa tranquillité.
V.V. : Comment est-il ?
D.P. : Gentil, avenant…
De toute façon là-bas c’est la même
scène et le même équipement pour tous… la
même ration d’eau ou de nourriture… l’ègo
n’a pas sa place… on se sent tout petit, vraiment tout
petit…
Mais je l’avais vu
auparavant puisqu’il était venu nous voir jouer à
Londres… et puis on était aller ensemble, avec Justin,
voir les Tinariwen dans un petit club.
Pour moi c’était
troublant parce que je recoupais mon passé. Cet homme
m’avait donné la musique quand j’étais ado,
plus qu’un autre groupe, pourquoi? je ne sais pas… peut
être parce qu’il portait déjà en germe les
reliefs d’une autre musique… c’était du Rock
déjà ouvert vers l’orient… il y avait une
dimension créative très importante. Et tout à
coup, c’était moi qui amenais "ce" Robert
Plant à une étape de sa vie qu’il allait consigner
sur un disque, et qui allait marquer son histoire, marquer le jeu de
son guitariste. J’ai indirectement participé à la
transformation d’un artiste qui était mon idole, un
modèle, une icône… c’est troublant! ça
m’est arrivé depuis aussi avec Archi Shepp, dans un autre
registre, là c’est mon histoire avec le jazz.
Voilà, l’histoire
se recoupe d’une façon curieuse, mais aussi parce que nous
autres sommes toujours resté postés en éveil,
comme des chasseurs, a essayé de capter notre proie qui est
l’instant, un instant de beauté… et ça fait
des années qu’on est posté…
Lors de mon séjour dans leur "maison communautaire", j’ai aussi rencontré Philippe Brix, l’un des principaux responsables et bâtisseurs de ce projet téméraire de "Festival au désert".
Il a écrit deux carnets de voyage : "Journal de Kidal" et "Journal de Tin-Essako", qui relatent l’équipée de façon vivante.
Site
de philippe qui s'occupe à présent du groupe Terakaft
Le premier se passe en 2000 et raconte l’élaboration du projet, les personnages, les
associations Françaises et Maliennes qui y coopèrent, et
le voyage de repérage jusqu’à Kidal.
Philippe explique qu’à la base il s’agissait de
construire une scène équipée de son et de
lumière sur le site d’une réunion traditionnelle de
nomades, et : "Par notre passage lors
de la première édition, de pérenniser le festival
et de l’ouvrir un peu sur le monde". Le but étant de mettre en valeur et de faire connaître les cultures et musiques nomades et Touaregs.
Dans le deuxième, il raconte l’épopée de la première édition en janvier 2001.
Les péripéties de l’acheminement d’une
vingtaine de personnes, techniciens et musiciens, et plusieurs tonnes
de matériel jusqu’à Tin-Essako dans l’Adrar
des Ifoghas, région longtemps coupée du monde… les
coutumes locales, la géographie du trajet, le climat
politique…
On y croise Justin Adams puisqu’il fait partie de "l’expédition culturelle".
C’est là qu’à Kidal Justin enregistre les Tinariwen dans le studio de la radio locale : "radio Tisdas", et produira ainsi leur premier disque "Radio Tisdas Sessions". Jusqu’alors leur musique était diffusée dans toute
la région sur des K7 copiées et re-copiées.
Justin a donc permis à ce groupe de prendre la place qu’il occupe,
à présent sur la scène internationale…
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Discographie Lo'Jo
International Coubarou (1990)
Siempre (1991)
Fils de Zamal (1993)
G7 of destruction (1994)
Sin Acabar (1996)
Le disque dort (1996)
Mojo Radio (1998)
Bohème de Cristal (2000)
L'une des siens (2002)
Ce soir là (2004)
Bazar Savant (2006)
Le site de Lo'Jo :
http://www.lojo.org |
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